Cerise, ce dimanche chagrin

Cerise, ou l’histoire de dimanches matin, presqu’ordinaires.

Hier, Cerise avait reçu une lettre de son amie. Elle l’avait posé sur son bureau, dans l’attente de pouvoir la déguster ce dimanche matin avec un petit café brûlant et un biscuit amande. Elle aime l’écriture de son amie. Et puis par dessus tout, elle la reconnait au premier coup d’oeil, et prend plaisir à la respirer, car elle y met Lire la suite

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Mayday

Alerte ! Funambule en détresse
Boussoles affolées
Messages radio brouillés
Apercevons le sol effroyablement
Avons besoin de toute urgence de la lumière

Ptite Fun, elle est un peu grecque sur les bords, et un peu bête aussi. Ne m’imposez pas le sophisme par pitié !

On lui tend une boîte, ben elle l’ouvre. Ben ouais. Pourtant elle connaît ses classiques, tout ca mais non, elle est juste « curieuse », et elle l’ouvre. Oui mais voilà… Elle connaît ses classiques, et en théorie, ça va ça gère. Les concepts, les idées, les histoires ca galère pas trop. Elle a un cerveau tout de même, Cerise* ! Mais dans la réalité, la vraie vie, enfin je veux dire, la vraie vie virtuelle de Ptite Fun, ça gère plus du tout. Je vais meme te dire, ca vient de se prendre une grosse claque.

Ptite Fun, elle a fait une connerie, tsé. Elle a tiré des fils… Parce qu’en fil, elle s’y connaît. Elle se croyait balèze et stable, les pieds bien posés sur son fil, le tout en équilibre et avançait gentiment un pas après l’autre.

Et en fait… Écoute. Dans cette boîte, elle est passée par toutes les couleurs, a vu des contrées d’ombres, des nuances posées, rimées, criées. Elle a vu des temps, des sons, des retenues, des images, des mers, des cieux, des noms, des genres, des envies et des folies, des échanges et des marées de solitude, des déclarations et meme l’extase…

Et elle a vu surtout de la peine. Un chagrin immense. Une douleur à fleur de peau de mots. Et elle s’est sentie voyeuse, malsaine, intrusive. On l’a invité certes, mais… Mais sa lumière à elle… celle qui illumine ses pensées, ses abandons dans le rêve, mon dieu, mais comment est-ce possible ? Quelle souffrance ! Et elle l’a ressenti jusqu’à lui en donner la nausée, jusqu’à la faire haleter. Elle aimerait lui arracher, et lui prendre pour qu’il ne souffre plus, qu’il s’endorme serein et apaisé. Mais tout ça, ça appartient aux étoiles, aux cieux, aux merveilleux, à l’amour et à l’éternel… et mon dieu qu’elle ne veux pas être dans la salle des ventes** !

Elle a refermé la boîte à toute vitesse, mais c’était trop tard, ou presque…

Et c’est là que Ptite Fun, a eu le vertige et a glissé. Elle est tombée. Oui, elle est tombée. Il a suffit de pas grand chose, tu vois. Mais bêtement, tout s’est mis à tourner vite, fort, elle entendait des voix, des rires, des mélodies, et a pris conscience de sa grave erreur. Elle n’aurait jamais dû être si curieuse.

Elle s’est mise à suffoquer, elle a perdu connaissance et elle est tombée. Tu vois ce n’est rien. Mais, perdue, elle a besoin d’une main, là, ou ailleurs, pour la retenir, pour l’empêcher de se blesser, pour ne pas que le doute s’invite sur son fil, quand vraiment, il ne serait pas le bienvenu. Une seule question, une seule réponse…

Ptite Fun ne veut pas le violer. Juste elle l’aime fort son ptit. Lui et toutes ses matriochkas. Elle jure d’avoir refermé la boite, vite vite vite, pas pour ce qu’elle contient, même si… mais parce qu’elle ne veut pas connaître la date de fin***…

Mais cette boule à facettes est-elle bien celle de son M. funambule à elle, celui de son coeur, de ses silences et de ses nuits, celui qui veille à elle sur l’eau ou dans les caves ? Alors Ptite Fun, elle le supplie, de lui envoyer un petit rayon de lumière sur son fil, là : … !
Et l’implore de ne pas lui lâcher la main.

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J’invite à revoir « Le regard d’Ulysse »…
et en attendant à réécouter le thème :
http://youtu.be/vaSyaOuKFvo

* réf. à une chanson de Barcella, Cerise

** https://youtu.be/K11bfsf_C8g

*** http://fr.wikipedia.org/wiki/Pandore

Les miroirs souriants

Est-il déjà si tard ?
Mais mon amour qu’avons nous vécu ?
des petits bonheurs
des petits riens ?

Je te laisse là
comme un chien désespéré
comme un loup affamé
comme une âme dérivante.

Ton gouvernail s’est brisé
et ma peine s’est envolée.

A mes derniers souffles
je crache et je chie.

J’en lève les liens
de l’un sous tenu
et j’oublie
je scotomise.

Qui me parle ?
Tiens tu es là ?
Mais quelle heure est-il ?
Comme le temps passe !

Ton foc s’est gonflé
et mon jardin s’est embrumé.

A mes derniers souffles
je crache et je chie.

L’amour passion
L’amour prison
jamais toujours j’aimais
toujours j’aimerais toujours.

Tu blablates
et tu pleures
dans ce miroir
je vois l’oubli.

Ton mat s’est enfin dressé
et ma colline s’est inondée.

A mes derniers souffles
je crache et je chie.

Chante cette mélodie du désespoir
Panse les maux de nos alcôves
et bois la boisson enivrante
de ces nuits luxuriantes.

Je me suis perdue au fil des notes
La vie jouant des tours
Aux amants infidèles
à jamais pour toujours.

Le pétrel a repris sa route
L’hirondelle poursuit sa course.

A mes derniers souffles
je crache et je chie.

Poussières d’anges
mes larmes sont diamants
emporte les
et disparait.

Nos peines inconsolables
ne seront jamais que le cadeau
qu’elles nous offraient
ô temps que nous as-tu fait ?

Tu te poses déjà pour nicher
Mon ventre, fruit de nos pêchers.

A mes derniers souffles
je crache et je chie.

J’enrage de l’impuissance
de ces mots emportés
de l’amour inassouvi
devant tant de vies.

J’arrache ce bout de toi
En mon sein perdant foi
Je libère la passion
Achevée de raison.

La passion, cette autre forme du pouvoir
L’amour, cette autre forme du désespoir

A mes derniers souffles
je crache et je chie.

A mes derniers souffles

je crache et je chie….

A mes derniers souffles…

je cache…

et je crie !

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Ptite Fun a ouvert sa fiole d’eau de mer. Elle l’a choisi avec soin, et elle a voulu se rassurer. L’eau de mer, toujours, est salée et plus encore que ses larmes. Alors finalement, elle se dit que tout ira bien. Enfin puisqu’il faut y croire tant que l’on vit. Elle aimerait tellement juste lui dire qu’elle a peur aussi, terriblement. Qu’elle est là, et qu’elle est capable de l’accueillir lui, en entier, sans coupe franche, avec tout ce qui le retient, ou qu’il donne, avec ce qu’il protège ou ce qu’il joue. Elle aimerait tellement être digne de sa confiance, et lui dire, que le temps leur appartient. Rien ne presse, sauf la vie. Ptite Fun accepte son évidence, et patiente ses retenues, ses silences. Elle aime aussi ses épines noires qui l’écorche et panserait ses blessures, ses faiblesses.
Mais… pour voir l’envolée de papillons, encore faut-il ouvrir les mains et lever les yeux. Redevenir enfant, et faire la paix. Respirer et s’émouvoir de ce que l’on a à portée de main, fait de passés, de cicatrices, d’histoires et de paradoxes.
Ptite fun, elle aimerait qu’il sache qu’il ne tient qu’à lui qu’elle devienne son refuge dans lequel, lui aussi aurait le droit de pleurer, de crier, de livrer ou de cacher, se cacher. D’aimer. Déjà. Aussi. C’est lui, fin de la route en deuil ou rose poudré.

Ptite Fun, des fois elle rit, et des fois, elle pleure. Mais toujours elle est vivante, et toujours elle rebondit. Elle est comme ça. Sourires.

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http://youtu.be/e20UedS7oIA

http://youtu.be/OV0h98LJWZs