Innocence et violence tissées sur ce bout de vide

Insomnie… Maux coups de poings, mots dentelle… oscillation et scintillement… fragilité et bras ou doigt d’honneur…

Sur le fil entre le coucher et le lever, entre rire et pleurer, entre hurler et s’abandonner, entre vomir et fleurir, entre fuir et s’offrir, entre nier et croire, entre vivre et mourir… Il n’y a toujours qu’un fil. Le seul l’unique, celui d’Ariane.

solo, à deux, à trois, ou foultitude.
jeune ou vieux
mort ou vif
Rêves ou cauchemar
Fantôme ou présence

Quand les moitiés, parts sombres et lumineuses se rejoignent, se serrent la main, chantonnent quelques airs, se crachent à la gueule et retournent faire leur vie dans leurs cauchemars hurlants

Quand la raison ne suit plus, quand les mots joueurs sont absents, quand la simplicité se casse la gueule, parce que des tourments mouchettent le tableau virevoltant, que la violence me frôle et me nargue, quand elle se griffe, quand elle se pèle les peaux mortes

Quand la patience est épuisée, qu’elle ne supporte plus sa carcasse blessée, mutilée de ces naissances
Quand ceux qui ont besoin d’elles sont ses bourreaux et qu’elle trimballe son bout de chair à elle
Parce qu’elle sent encore l’odeur son sang, le froid des aiguilles, le temps des coutures, la lumière de ces néons
Quand elle a hurlé « j’veux pas crever » et que l’immense mer de solitude l’a emportée
Quand le tic tac de l’horloge hurlait plus fort encore que ses râles de louve agonisante
Une partie d’elle n’est plus… Et pourtant…

Quand les sourires tombent, que les talons claquent
Que les dents arrachent, que les oreilles sifflent,
que les reprochent s’abattent comme une pluie noire et pourrissante
Quand de petits yeux ont besoin d’elle et qu’elle n’a plus d’ailes
que l’épuisement lui a fait quitter toute envie de vivre
une partie d’elle n’a plus le choix… Et pourtant…

Allez, va dormir Maman, et laisse ta connasse arpenter les méandres de ce labyrinthe. D’ici, même les anges sont fatigués. D’ici, même les fils d’or sont élimés. D’ici, même et surtout ici, ton intimité ne veut rien dire.

Dentelle ou string, tout n’est qu’affaire de fils et de décor, changer de vie, changer de corps. Supporte ta carcasse et ferme ta gueule à défaut de fermer les yeux.

 
Mais comme tu l’imagines, elle n’est pas celle que tu imagines.

Vertiges, océan de solitude, et silence de mes sifflements.

3h50

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Ma mère démonte-toi !

Ma mère,
tantôt calme, tantôt agitée,
tantôt trouble, tantôt claire,
tantôt du Nord, tantôt des Caraïbes,
tantôt noire, tantôt morte,
tu m’as bercé temps et tant !

Écoute, cette histoire est la tienne.

Sous ton ALLURE de femme ARAIGNÉE, l’APPEL ARDENT de l’ARRIMAGE AMER se fait sentir. Tu largues les AMARRES, rend ton ACCASTILLAGE.
Tu retournes au port, retrouver tes marins.
A l’ARRIVÉE, tu t’es AVEUGLÉE. Tu n’es plus dans ton ASSIETTE.

Il a voulu te BAGUER, celui-là ?
La tête BASSE, tu avances.
Toi tu rêves de BERCEAU.
Ta BÉQUILLE t’a BERNÉ.
Met du BOME à ta BOSSE.
Attrape ma bouée, t’façon tu t’en BRANLES.
Cherche encore TON PREMIER BRIN, il n’est peut-être pas si loin…

Ta CHAMBRE, ta CHAPPELLE, ton CHARNIER…
tu CHASSES avec ton CUL, avec ta CHATTE.
Ta CARENE est meurtrie.
Tu CHOQUES ton CLAN.
Tous ces CORPS-MORTS, ces COUPLES CRAPAUDS, NAVIGANTs DE CONSERVE…

DAMES !
Tu DÉBORDES, Tu DÉVENTES, Tu DÉSARMES ?
Qu’as-tu pour ta DÉFENSE ?
Dans ce DÉTROIT, où DINGHY t’a DÉLESTÉ, DOUBLE AU VENT !

Ce n’est pas l’ÉCHAFAUD, tu n’es pas seule à t’ÉCHOUER.
Tu t’EMBELLIES tous les jours par les EMBRUNS de la LAME.
Tous les ÉTAMINES ERRENT EN GRAND.
ÉTRANGLE LA VOILE, pense à moi !

Sent comme il fait FRAIS, tu te FATIGUES par ce FLUX incessant.
Pourquoi tous ces matelots FRAICHISSENT-ils chez toi ?

Peut-être le GITE ?
Réponds ma mère !
Donne du GRAIN, fais disparaître de tes HANCHES ces GRÉÉMENTS.

Fait JAUGE NETTE de ta JARRETIERE.
Laisse tes JOUES s’emplirent de LUMIERES.
Fais de ta vie du LIBRE PRATIQUE !

Tu vas finir par la MATER cette MARIE-SALOPE !
Tu aimes encore trop la MAIN COURANTE et la MAILLE !
Et bien, prends mon MÉGAPHONE et hurle au MISTRAL que tu ne MOUILLES plus, que la MOUSSON a MOUCHETER SES CROCS.

NAGE vers ce NID DE PIE.
Tu as à présent l’OEIL DE LA TEMPETE !
OBEIS à ton instinct.
Rends d’OEUVRES MORTES les blessures de ton passé.
Pense à moi !

Regarde ce PHARE, il PIQUE L’HEURE.
Au PIED DE BICHE, tu arraches ce PIED DE PILOTE.
Il sera toujours PERDANT avec sa QUEUE DE RAT et ses QUILLES DE ROULIS.
Tu es un roc, ma jolie POUPÉE DE GUINDEAU !

Tu y es, tu es là…
RATTRAPPANT ce RAZ de marée, t’accrochant à la RAMBARDE, RAFRAICHISSANT les RAILS.
RAS le bol !
Pense aux REFLUX de ton corps !
Désire moi sans RELACHE.
Tu l’as trouvé ton ROUTIER, ton RENARD, tu connais déjà son rôle.
Il est la RISÉE du village ?
Qu’importe ! Pense à moi !
Attend qu’il te prenne sans RETENUE et donne-toi sans RELACHE dans le ROULIS du RESSAC.

Ta bouche de SAFRAN, ta SAVATE A SEC, ton SLIP SOUILLE, SANGLE la SAUVE-GARDE SERVIE dans son SILLAGE par la SYZYGIE.

TIENS BON ! Je ne suis pas si loin, je TALONNE ce TABLEAU.
Il te TOUCHE, ça TOURNE… ça TOURNE… ça TOURNE…
Par le TUNNEL de ce VENTRE arrondi, je suis ta VAGUE SATELLITE, ta VADROUILLE, ta VOIE D’EAU, ton YOUYOU…

Ma mère, je suis là !

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