Le cinéma à rêves

Mon très cher ami,

Voilà bien longtemps que je n’ai donné signe de vie. Pourtant, il s’en est passé depuis ton passage chez nous. Le petit est né. La maman a eu du mal à s’en remettre, c’était un accouchement difficile. Et puis tu ne le vois pas, mais il a ton regard, elle ne le dit jamais. Moi je sais qu’elle s’y noie. Aujourd’hui, rassures-toi, tout le monde va bien, et ils pensent déjà au Lire la suite

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Ma mère démonte-toi !

Ma mère,
tantôt calme, tantôt agitée,
tantôt trouble, tantôt claire,
tantôt du Nord, tantôt des Caraïbes,
tantôt noire, tantôt morte,
tu m’as bercé temps et tant !

Écoute, cette histoire est la tienne.

Sous ton ALLURE de femme ARAIGNÉE, l’APPEL ARDENT de l’ARRIMAGE AMER se fait sentir. Tu largues les AMARRES, rend ton ACCASTILLAGE.
Tu retournes au port, retrouver tes marins.
A l’ARRIVÉE, tu t’es AVEUGLÉE. Tu n’es plus dans ton ASSIETTE.

Il a voulu te BAGUER, celui-là ?
La tête BASSE, tu avances.
Toi tu rêves de BERCEAU.
Ta BÉQUILLE t’a BERNÉ.
Met du BOME à ta BOSSE.
Attrape ma bouée, t’façon tu t’en BRANLES.
Cherche encore TON PREMIER BRIN, il n’est peut-être pas si loin…

Ta CHAMBRE, ta CHAPPELLE, ton CHARNIER…
tu CHASSES avec ton CUL, avec ta CHATTE.
Ta CARENE est meurtrie.
Tu CHOQUES ton CLAN.
Tous ces CORPS-MORTS, ces COUPLES CRAPAUDS, NAVIGANTs DE CONSERVE…

DAMES !
Tu DÉBORDES, Tu DÉVENTES, Tu DÉSARMES ?
Qu’as-tu pour ta DÉFENSE ?
Dans ce DÉTROIT, où DINGHY t’a DÉLESTÉ, DOUBLE AU VENT !

Ce n’est pas l’ÉCHAFAUD, tu n’es pas seule à t’ÉCHOUER.
Tu t’EMBELLIES tous les jours par les EMBRUNS de la LAME.
Tous les ÉTAMINES ERRENT EN GRAND.
ÉTRANGLE LA VOILE, pense à moi !

Sent comme il fait FRAIS, tu te FATIGUES par ce FLUX incessant.
Pourquoi tous ces matelots FRAICHISSENT-ils chez toi ?

Peut-être le GITE ?
Réponds ma mère !
Donne du GRAIN, fais disparaître de tes HANCHES ces GRÉÉMENTS.

Fait JAUGE NETTE de ta JARRETIERE.
Laisse tes JOUES s’emplirent de LUMIERES.
Fais de ta vie du LIBRE PRATIQUE !

Tu vas finir par la MATER cette MARIE-SALOPE !
Tu aimes encore trop la MAIN COURANTE et la MAILLE !
Et bien, prends mon MÉGAPHONE et hurle au MISTRAL que tu ne MOUILLES plus, que la MOUSSON a MOUCHETER SES CROCS.

NAGE vers ce NID DE PIE.
Tu as à présent l’OEIL DE LA TEMPETE !
OBEIS à ton instinct.
Rends d’OEUVRES MORTES les blessures de ton passé.
Pense à moi !

Regarde ce PHARE, il PIQUE L’HEURE.
Au PIED DE BICHE, tu arraches ce PIED DE PILOTE.
Il sera toujours PERDANT avec sa QUEUE DE RAT et ses QUILLES DE ROULIS.
Tu es un roc, ma jolie POUPÉE DE GUINDEAU !

Tu y es, tu es là…
RATTRAPPANT ce RAZ de marée, t’accrochant à la RAMBARDE, RAFRAICHISSANT les RAILS.
RAS le bol !
Pense aux REFLUX de ton corps !
Désire moi sans RELACHE.
Tu l’as trouvé ton ROUTIER, ton RENARD, tu connais déjà son rôle.
Il est la RISÉE du village ?
Qu’importe ! Pense à moi !
Attend qu’il te prenne sans RETENUE et donne-toi sans RELACHE dans le ROULIS du RESSAC.

Ta bouche de SAFRAN, ta SAVATE A SEC, ton SLIP SOUILLE, SANGLE la SAUVE-GARDE SERVIE dans son SILLAGE par la SYZYGIE.

TIENS BON ! Je ne suis pas si loin, je TALONNE ce TABLEAU.
Il te TOUCHE, ça TOURNE… ça TOURNE… ça TOURNE…
Par le TUNNEL de ce VENTRE arrondi, je suis ta VAGUE SATELLITE, ta VADROUILLE, ta VOIE D’EAU, ton YOUYOU…

Ma mère, je suis là !

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