Envies IV

Toi là-bas qui manque à mon fragile équilibre
Qui se cache sous des marques attendrissantes
Laisses moi voyager sur tes courbes chéries
Goûter le plaisir suave de ta peau salée
Se délecter furieusement de ces heures perdues
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Cerise, ce dimanche chagrin

Cerise, ou l’histoire de dimanches matin, presqu’ordinaires.

Hier, Cerise avait reçu une lettre de son amie. Elle l’avait posé sur son bureau, dans l’attente de pouvoir la déguster ce dimanche matin avec un petit café brûlant et un biscuit amande. Elle aime l’écriture de son amie. Et puis par dessus tout, elle la reconnait au premier coup d’oeil, et prend plaisir à la respirer, car elle y met Lire la suite

Ne me laisse plus seuls de nous

Y’a des soirs où les frustrations sont plus grandes que d’autres. Plus ou moins pénibles à vivre. C’est étonnant alors que j’ai passé une douce soirée avec mes Ptites copines virtuelles, justement. Peut-être que ça a joué un rôle de révélateur, pour la photographie de mon labo noir et blanc.

Ce soir, particulièrement, une bulle me saute à la gueule. Oui je suis vulgaire. Je n’ai pas envie de mots sages. Parce que je me bats avec ces démons, et que j’essaie de les faire taire. C’est un combat violent, je ne prends pas de gants. Je n’en ai pas envie parce que l’entendement le tolèrera.

Ce soir, tu vois, y’a un truc qui m’a gêné, plus que jamais. Même comme jamais. Ce soir, alors que tout est établi, bien rôdé, huilé, su, connu, reconnu, attendu, dégusté salé sucré, bordé, consolé et autres, j’aurais aimé l’entendre. Oui l’entendre. Sa voix. Son souffle. Son rire. J’aurais aimé l’entendre ce rire, me raconter une bêtise, une anecdote de boulot, me parler de bonbons, de voyages, de rien, de ses découvertes, des paysages qu’il voit, de l’absurdité du monde, de lui, ou de moi. Oui j’aurais aimé entendre son souffle au creux de mon oreille. Que ses mots pour une fois m’effleurent dans ce pavillon. Et moi je n’aurais rien compris de ce qu’il m’aurait raconté, juste pour le plaisir de le faire répéter. L’entendre. L’agacer. Aller le chercher dans ses recoins pour le taquiner et le rattraper sur le bout de mes lèvres et l’explosion de mes sentiments. Et rire !

Et tu vois, jusque là, ce putain de silence ne me gênait pas, ou pas trop. Il m’amusait. Et même que j’l’aimais bien notre petit silence d’amour. En tout cas, en dehors des moments où il est temps de se séparer. Parce que là, je nous déteste au plus haut point. Je ne nous pardonne pas encore, ce manquement envers nous. Mais ce soir, surtout, alors qu’on me chuchote dans des tubes et nos ondes de couleurs différentes, toutes nos détresses et nos problématiques, je suis seule avec ce besoin. Et je trouve ça dur. Cette terrible frustration. Je sais bien que ça se gère en se concentrant, en respirant tout ça… mais en ai-je envie ?

Moi, là ce soir, j’aurais eu envie, plutôt, qu’il m’appelle, enfin et de lui dire ô combien il est important pour moi, et que de toute façon, il occupe mes pensées nuits et jours, à sa façon, alors l’entendre ne serait qu’un autre véhicule pour se le dire. J’aurais fait volé en éclats tous les miroirs sans teints. En riant aux éclats. J’aurais peint nos visages de toutes les couleurs de la honte, de l’envie et la joie de pouvoir dire : « Nous ne sommes que des gosses, qu’est-ce qu’on a bien ri ! Tu te rappelles ? C’était fou ! C’était trop fou ! Nous sommes fous ! Et on aime ça, encore ! » Et d’ajouter en chuchotant : « Mais maintenant, j’ai besoin de toi. Ne me laisse plus seule de nous. Je ne veux pas que tu me fasses souffrir, et je ne veux pas que tu souffres non plus. Nous avons franchi le seuil du tolérable. Percute-moi et prends soin de nous. Mets au creux de moi, tes secrets, et ceux que nous avons en commun. Tu as déjà les miens, car je suis moi, et que tu me complètes. Restons des gosses pour les autres, brisons les codes, les chaînes. Ne soyons jamais là où on nous attends. ». J’ai envie qu’il nous invite, nous invente, nous devance, nous vive.

Pis tiens tu vois, d’autres trucs que je pensais un peu plus tôt dans la journée…
Quand je songe à cette, notre histoire, je souris. Dans la rue. N’importe quand. Avec n’importe qui. Je souris au milieu d’une phrase que je n’ai pas écouté, pas comprise. Béatement, je souris. Et je me sens heureuse de vivre tout ça, mon histoire d’amour. C’est tellement fou. J’aime tellement ma vie depuis que je suis rentrée dans la sienne…

Et puis un autre truc aussi. Je pensais que c’est la première fois que je ressens de la fierté de cette manière. Fierté pour lui. Fierté pour moi. Fière de notre joli nous. Alors que… Il n’y a pas vraiment de raison. Il n’a rien promis. Moi non plus. Il n’a même rien dit. Et moi non plus. Il est lui, juste lui, génial, insaisissable et silencieux. Et moi, je suis si fière de ce qu’il est. Qui il est. De celui que j’ai rencontré, que j’ai découvert, celui qui se cache, qui se ramifie, celui qui me voyeurise, et me distance vitale. De sa manière de m’aimer, de me couver, de faire attention à mes petits détails envahissants, mes rêves, mes peurs, mes tics, mes tocs, mon dégoût de moi, et tout le reste… De ce qu’il m’autorise à le dépeindre, le raconter, le valser, le bousculer, l’envahir, le juxtaposer en mouvements, et aligné, à sa droite ou à sa gauche, toujours dans sa main fiable et rassurante. Et je me sens fière et plus forte à côté de lui, homme, et moi femme sous son aile, sa protection, nos sentiments si bien mis à l’abri. Faire partie de son tableau me rend fière oui. Grandie et sereine que nous ayons réussi à nous apprivoiser et cela me fait tout à fait étrange, que nos amis m’associent aujourd’hui naturellement à lui et inversement. Ca me fait peur, parce que j’ai si peur qu’il fuit de cela. Mais nous n’avons rien fait pour que cela arrive. Nous transpirons juste de notre histoire, et nos sueurs emmêlées ruissellent contre le halo qui nous enveloppe. Pas qu’ils le voient. Juste ils le ressentent comme un visage ami. Ce silence ne protège plus nos corps et leurs élans, leur chimie et les visages heureux, en dépit de nous.

Je voudrais vivre une vie normale dans toutes nos singularités, et nos différences.
Ce soir, j’aurais voulu l’entendre. Banalement. Enfin. Simplement. Comme tout le monde le fait. Comme si ça avait toujours été le cas. Sans se justifier, ou alors faire comme si c’était étonnant cet acte que nous n’avons jamais fait !
Glisser d’un silence vidé, essoré de toute consistance, à ces mots si plein de sens, de tout, de nos constructions, de notre lien, à nous. Faire le joint entre les deux états. Et nous parler d’autre chose en toute évidence, parce que c’est comme ça, parce qu’on le veuille ou non, tout est là, on en est là. Parce que je le reconnais entre tous, aux premiers rythmes, parce qu’il me ressent aux premiers pas de la porte. Parce que je le retrouve au milieu de tous au premier regard, parce qu’il me patiente au milieu de tous, de tous mes retards.

Ce silence, il ne s’agit pas qu’il engloutisse tous ces mois, comme si tout était à réécrire, non, juste qu’il s’efface, se taise, se mette en sourdine, un peu, se fasse discret, son propre silence, et trouve ses limites. Silence en bouclier contre les autres, mais pas en arme contre nous. Nouvelles frontières à redessiner. Nous ne saurions nous en passer, de toute façon, parce qu’il est Lui et que je suis Moi. Il ne peut pas disparaître, nous musicalons, et il nous est essentiel. Notre respiration, ce qui nous rassure, ce qui nous prouve que nous nous comprenons, nous nous ressentons, encore un peu. De la complicité incompréhensible et hermétique pour le reste du monde. Notre bulle. Mais…

Maintenir ce silence présentement infranchissable, c’est nier ce lien absolument fascinant qui nous unit au creux de cette histoire merveilleuse, que nous avons composé pour un quatre mains, deux coeurs, et nos dizaines de travers. Partager des passions ne méritent pas qu’on se perde individuellement, s’étouffe à deux et se meurt tous ensemble.

Je refuse que mon amour, avec un grand A soit associé à une relation devenant malsaine, quand elle est… elle est, au contraire, la plus jolie de toutes les histoires d’amour que l’on pourrait vous raconter.

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http://youtu.be/6nL3M77v3zY

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