Ce p’tit air

La pièce aux murs en pierre est fraîche. Des bougies sont disposées un peu partout faisant danser les ombres. Le mobilier est sobre. Une table massive en bois brut, aux pieds carrés. Un banc dessous, et deux fauteuils, dont un dans lequel je suis assise. Le dossier est un arc qui prend le dos et revient sur l’avant. J’y suis accoudée, les jambes l’une sur l’autre, et je tiens mon sablier nonchalamment. Dans la cheminée, la fin d’un feu de joie. Deux couverts. Un Lire la suite

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Quand le Delta palpite

Ils avaient déjà dansé ensemble. Agathe aime bien ce type là. D’abord il danse bien, vraiment bien. Il sent toujours bon. Il est discret, pas envahissant. Et puis, il se pourrait qu’il l’aime bien, elle a cru deviner quelques fois des petits signes.

Mais bon Agathe, elle a un autre mec dans le coeur, alors c’est plutôt porte close. Quelle que soit son histoire, et ce qu’elle vive, elle a fermé toutes les entrées. On n’est jamais trop Lire la suite

« En une fraction de seconde, tout change et se transfigure »

Il faut que je te raconte une histoire ! Oui parce que tu sais à chaque fois que Mon Ptit rayon de Soleil, joue au gentleman, je me demande toujours si c’est pour moi, ou si c’est un bonhomme bien éduqué. M’enfin, en général, je choisis le parti de me dire qu’il me bichonne. Même si je ne comprends pas bien ce qu’il me trouve. Mais ne crachons pas dans la soupe, c’est si bon !

Alors je te raconte !

Nous étions quelques uns dans un café, il n’y a pas si longtemps de cela. Ce jour là, assez naturellement, nous discutions en nous avançant et en nous reculant de la personne en face de nous. Et puis de temps en temps, nous changions de place. Sûrement pour voir le monde autrement. En deux temps trois mouvements, si nous n’étions pas tous synchron’, j’avais mon voisin de gauche en face de moi mais à gauche. Tu suis ? Oui mais je ne changeais pas de place avec lui pour autant !

En face de mon Ptit Rayon de soleil, une jolie jeune femme. Brune aux cheveux lisses, raie de côté, et bien peignée, malgré les mouvements. Petit top à bretelles, mettant son cou en valeur. Une jolie demoiselle. Plutôt souriante, et contente d’être là, semble-t-il.

En face de moi, un jeune homme, un peu fou. Cheveux d’or et mal peigné, raie… non pas de raie, dans les cheveux. Vêtu, oui assurément, mais plus de souvenirs. En tout cas, jeune homme au regard attendri par ma minuscule personne. Intelligent et délicat.

L’instant va bon train, tout le monde rigole, ça s’avance, ça se recule, ça change de place, ça pousse même des ptits cris au son de la folklorique sono. Le plein de bonne humeur. Je jette des ptites œillades à mon soleil, il est content, et moi ça me remplit de joie.

Quand tout à coup ! Ho ho ho hooo !! Non pas de Zorro dans l’histoire mais demoiselle en face de monsieur soleil, lui attrape les mains, et lui jette des sourires et des regards que je connais par cœur. Monsieur Soleil, flatté tel un corbeau, ronronne tout son plaisir. Quand tout à coup ! Il laisse tomber sa proie des yeux, cesse de sourire, et me jette un regard paniqué. Juste une minuscule fraction de secondes. Mais on s’est vu. Et je ne sais pas si le plus perturbant était la situation câline ou ce regard entre lui et moi, juste nous et ce qu’on avait à se dire.

Évidemment, je peux difficilement cacher, ma pointe de jalousie, ma panique à moi, et ma surprise de le voir se tourner si vivement vers ma minuscule personne. Comme pour me demander si j’avais vu, ou constater l’effet sur moi. Bref, pas joyeuse la Ptite Fun, mais ! C’est mon Ptit rayon de Soleil, et je m’oblige à me souvenir qu’il est libre, que l’on ne se doit rien, mais alors rien du tout. Alors on se raidit un ptit coup, on se re-concentre sur son face à face, on lève le menton, et on essaye de rester digne. Une fois l’élan de va et vient terminé, les mains se lâchent et au son de la musique, les échanges de places cessent. Fatigant ce café, mais sympa. On reviendra.

Je me lève et vais plus loin, sur une chaise libre, à une autre table. Besoin de prendre un peu le large de la situation. Faudrait pas que je me mette à chouiner comme je sais si bien le faire. Mais c’était sans compter sur un rayon de soleil tout en surprise et en délicatesse !!
Il m’a fait revenir près de lui, pour discuter avec la demoiselle, parce qu’elle se demandait qui avait assuré le service sonore en salle quelques jours plus tôt ! Et de me présenter à elle, et comme la chef de cette fameuse journée, et que sans quoi, personne n’aurait pu bouloter de la noire et du silence. Je me suis sentie placée sur un pied d’estal. Je ne peux pas dire que j’ai tellement l’habitude de ça, et je comprenais les enjeux de cette mise en scène. Monsieur Soleil s’est effacé. A vrai dire, je l’ai senti satisfait, comme s’il avait lavé l’événement désagréable pour ma personne. La demoiselle, elle, semblait beaucoup moins intéressée d’un coup, presque blasée. Elle a écourté la conversation. J’ai donc proposé à Mon monsieur Soleil, de changer de table et de recommencer un nouveau jeu.

Ben tu vois, avec un peu de recul, je n’ai toujours pas tout compris de ce qu’il s’est passé.
On ne m’avait jamais mise en avant de cette façon avec autant de délicatesse. Une sorte de bouclier naturel. Mais ça m’a fait du bien, ça m’a rassuré aussi. Je me sens un peu comme un hérisson, oui.

A contrario, mes sentiments piquants m’ont effrayé, je ne les aime pas du tout. Ca me rend triste, et je trouve cela inutile. Surtout que je n’ai pas besoin de les ressentir. Advienne que pourra, et le Soleil n’appartient qu’à lui. Alors ça se raisonne mais sur le moment, ça ne se contrôle pas.

Le regard paniqué de Monsieur Soleil, lui, m’a fait prendre conscience que j’étais importante. Pas comme je le pensais, et j’en fus déstabilisée aussi. Néanmoins, je n’aime pas non plus ce regard. Il ne doit pas me craindre, ni moi, ni mes sentiments. Je n’ai pas envie de lire ça dans ses yeux qui me bouleversent tant.

Je me suis demandée si ce genre d’événements, ne pourraient pas me ou nous faire chanceler.
Je suis touchée par son geste chevalier, et contente d’avoir su calmer mon angoisse. Mais, une question me vient tout à coup…

Et si tu m’embrassais, Soleil ? 🙂

Bah quoi ? 😛

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Extraits tirés de « L’élégance du hérisson »

« Ce qui est beau, c’est ce qu’on saisit alors que ça passe. C’est la configuration éphémère des choses au moment où on en voit en même temps la beauté et la mort. Est-ce que ça veut dire que c’est comme ça qu’il faut mener sa vie ? Toujours en équilibre entre la beauté et la mort, le mouvement et sa disparition ? C’est peut-être ça, être vivant : traquer des instants qui meurent.  »

« Que faire
Face à jamais
Sinon chercher
Dans quelques notes dérobées ?  »

« Les faveurs du sort ont un prix. Pour qui bénéficie des indulgences de la vie, l’obligation de rigueur dans la considération de la beauté n’est pas négociable.  »

« C’est très bien d’avoir régulièrement une pensée profonde mais je pense que ça ne suffit pas. Enfin je veux dire : je vais me suicider et mettre le feu à la maison dans quelques mois alors, évidemment, je ne peux pas considérer que j’ai le temps, il faut que je fasse quelque chose de consistant dans le peu qui me reste.  »

« (…) c’est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n’est plus le même.  »

« Ces instants où se révèle à nous la trame de notre existence sont des parenthèses magiques qui mettent le cœur au bord de l’âme, parce que, fugitivement mais intensément, un peu d’éternité est soudain venu féconder le temps. »

Never ending vs never starts

Trop de choses à dire, les idées qui s’organisent mal, la pensée qui va trop vite.

Aux origines était un texte. Un texte que personne n’aurait dû reconnaître ici. Personne ou presque. Le presque n’étant pas le néant, il a fallut que ça me tombe dessus. Enfin, je l’ai cru, à cause de ces 4 lettres : Lili. Mince, zut, flûte ! Lili… attends, Lili, je cherche… lili, lili… j’ai bien une idée mais comment serait-ce possible ?!!! (et pourtant j’ai appris à mes dépens qu’ici, TOUT est possible).
Alors ça, si c’est pas pour me faire comprendre que c’est pour me dire je t’ai reconnu et toi tu m’as reconnu !!! Bond de ma chaise, suée. Oh my God ! Panique à bord.

Mais ok, qu’à cela ne tienne. Je suis joueuse, j’ai des choses à dire, et j’aime le faire ici. En plus, le doute est permis. Tout est permis ici. Alors je continue. J’écris. Parce que c’est encore une chose que l’on m’autorise à faire. Je raconte ce que je ressens, et franchement, je ne triche pas. Je pense tous les mots que j’ai écrit, encore maintenant et pour longtemps.

Et là, la folie, le tourbillon. Des mots, des mots, des mots, à s’enivrer. Toujours cette question, mais comment est-ce possible ?!! Est-ce une farce ? de très mauvais goût ou celui auquel elle pense ?!!

Et le doute s’est installé. Malgré des perches, des bouées, des mots, des images, des musiques, des échanges. Bref. Et si ce n’était pas lui ? Et si ces 4 lettres, n’était que le fruit d’un dément en plein délire extra lucide ? Ca paraît totalement fou, mais après tout… je n’ai pas reçu de message clair, limpide.

Des échanges oui, des folies à m’en gaver de joie et d’espoir, avec une certitude toute folle et dénuée de logique, que ces clins d’oeil m’étaient destinés, et qu’ils ne parlaient à personne d’autres. Sauf que… peut-être que si en fait. Parce que le problème de l’écrit comme de l’oral, c’est que tout ce qui n’est pas formulé clairement, n’existe pas. Les sous-entendus, ces zones d’ombres importantes sclérosent du coup l’ensemble de l’histoire, et quand en plus elle est jolie, et qu’elle ressemble à un conte de fées… Il faut se battre pour ne pas l’abîmer, je crois. Oui les princesses type blanche neige aime les nains. Faut vraiment être un mec pour ne pas savoir ça ! Oui les contes de fées, c’est pour les Ptites gamines insolentes et capricieuses. ET ALORS ??? Tout ça n’a pas d’importance, dirait Morla ! Ce qui est important c’est ce qu’ils sont l’un pour l’autre, et ce qu’ils s’évertuent à faire l’un pour l’autre. Une surprise, une présence, des rires. Oui !

Mais le problème systématique de toute relation, c’est aussi comprendre et se faire comprendre. Quelque soit l’étape de cette relation.
Moi, Ptite Fun, et parce que j’ai besoin de rêver, que la vie me blesse, encore chaque jour, et plus encore en ce moment, et que je ne peux pas d’avantage avec ce qui devrait m’apaiser… Moi, Ptite Fun, dans ce cas, je ne vois plus que deux choix. Peut-être en existe-t-il d’autres ? Mais je mise sur la simplicité, des sentiments, des mots, des actes, ou se cacher pour se soigner.

Je n’ai pas envie de cette cachette, je n’ai pas envie d’être blessée, surtout pour quelque chose auquel je crois, et ce que j’aime fort, incroyablement, et en dépit de toute logique, toute raison.
Mais je n’arrive pas à jouer plus à ce jeu, car ce dont j’ai besoin, ce n’est pas d’amusement, ça Ptite Fun le trouve ailleurs, autrement, mais elle a besoin de sa force. Celle qu’il a trouvé, qui lui est propre et que je lis, aussi en le regardant. J’ai besoin de son courage, parce qu’il l’est, plus que quiconque qui me lira ici, et je le sais. J’ai besoin de son épaule, parce que mes larmes n’arrivent pas à se tarir, j’ai besoin de lui, parce que c’est lui, et parce que je crois que l’on mérite un peu de bonheur, un bout à nous, pour nous.

Il ne reste pas beaucoup de temps, parce que Ptite Fun, n’a plus trop de force. Elle a l’espoir et la patience, mais elle a mal aussi, elle a besoin de son nain, et c’est comme ça. Elle s’excuse, mais elle est libre, et elle a choisit.

Alors si l’auteur de ces 4 lettres me lit, et se reconnaît par quelques mots glissés en toute intimité de coeur de blanche neige, si cet auteur est vraiment celui auquel elle pense, son nain, qu’il sâche qu’il lui suffirait juste de LA SERRER FORT CONTRE LUI, UNE FOIS, une seule fois après l’avoir invitée, et dans pas si longtemps, quelques heures peut-être même, pour l’empêcher d’aller se cacher. Et tout le reste ne sera que temps pour apprendre. Temps pour apprendre, pour vivre, écrire, communiquer et tout le reste. Et même pour se cacher, si c’est ce qu’ils préfèrent.

Mais qu’il ne se cache pas d’elle, parce que ça tue son espoir, ça la tue.

Le doute et le néant, auront au moins perdu cette bataille. Et la mélancolie pourra aller se faire foutre.

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http://youtu.be/6dkASYzYuro

http://www.deezer.com/track/60877656
et celle-là, pour ce qu’elle me parle à mon coeur de blanche neige, mélange de culture, d’émotions, de mots, de souvenirs… ours.
http://www.youtube.com/watch?v=fHivZ9QYR8c
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Comme le torrent

Evidemment, vous me lirez de jour mais je dois quand même vous raconter…
Que hier soir, mon rayon de soleil, à moi, n’était pas là. Un petit rayon de soleil malade, ce n’est pas banal.
J’étais certes, prévenue, mais juste, il n’était pas là, et ça faisait toute la différence.

Du coup, ce soir, j’ai beaucoup pensé à lui, et j’ai été prise d’une frénésie inconsciente. J’ai donné de mon énergie, comme si je voulais qu’elle lui parvienne. Tout ce que j’ai pu. Pour deux. Avec toutes mes tripes, toute ma joie, toutes mes pensées. Sans rien vouloir en retour. Sans même qu’il le sache. Et est-ce vraiment important qu’il le découvre ?

De toute façon, mon petit rayon de soleil, à moi, il a été clair : « Que des petits bouts de chemin, de temps en temps, au gré des vents, portés par les mélodies de la vie. » Bien Petit rayon de Soleil, je te suis, si c’est ce que tu souhaites, ça me suffit.
Ah ! Sauf exception, les week-end d’équinoxe… oui j’ai négocié, un peu, pour rire surtout.

Mais je dois vous dire… Moi, ce soir, j’ai été heureuse de voir tout ce monde sourire, vivre ensemble. J’aurais aimé qu’il soit là, c’est vrai. Le voir sourire aussi, heureux, vivant, et lire tout son abandon. Le voir se gaver de souvenirs, de complicité. Oh que oui, j’aime voir tout ça !

Mais voilà, mon rayon de soleil, à moi, n’était pas là.
Mais était-ce vraiment, je veux dire, vraiment, si important ?

Evidemment, j’aurais aimé le surprendre, cherchant à croiser mon regard. Découvrir l’invitation de sa main. Me retrouver près et contre lui.
Evidemment ! Parce que tu sais, un petit rayon de soleil, qui te met entre ses bras, ça fait toujours quelque chose, un gros quelque chose, qui fait tout chaud dedans la poitrine, crois-moi.
Alors, je me suis concentrée et j’ai pensé fort fort fort à tout ça et j’ai profité de la vie comme j’ai pu. Comme il l’aurait fait lui. Avec toute sa force, son éclat et son être.

De l’avoir dans mes pensées ce ptit rayon de soleil, moi, finalement, ça a suffit à recharger toutes mes batteries, et plus encore. Oui, moi je marche à l’énergie solaire, intérieure. C’est naturel comme truc, je ne fais aucun effort, et ça fait un bien fou !

Finalement, j’ai tiré le meilleur de moi, pour lui, si loin, pour mes pensées divagantes, et c’était facile ! J’ai fermé les yeux, j’ai respiré, j’ai écouté, et j’ai ressenti. Je me suis sentie vivante, et j’ai profité de l’occasion pour sublimer cette sensation.
Peut-être parce que je l’avais, là, juste là tout contre mon coeur, devant mes yeux, dans mes pensées, et, que sa petite lumière m’a réchauffé.
Oh oui ! Moi, ce soir, avec tout ça, j’ai le coeur gonflé à bloc, et je me sens heureuse. Tout simplement.

Tendrement, je souhaite qu’il se remette vite sur pied, mon petit rayon de soleil, mon petit bout de bonheur éphémère. Que deviendrait mon printemps sans lui, sinon ?
Peut-être aura-t-il reçu, quelques paillettes de toute cette énergie. J’espère tout ça, parce je t’assure, un petit rayon de soleil malade, c’est pas banal.

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A bout de souffles

Parce que la vie me fait toujours de drôles de blagues.
Parce que c’est le moment le plus complexe de mon existence.
Parce que le poids se porte à plusieurs, mais que la plume est la mienne.

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Parce que ce soir là…

Mon regard a croisé le tien
Ton sourire a ranimé le mien
Et pour la première fois, notre danse.

l’évidence…

1, 2, 3, valsez
Ma main posée dans la tienne
Ton souffle court, notre éphémère espace vital.

m’a frappé juste là…

C’était ça, juste précieusement ça
C’était toi, déraisonnablement toi
Sensation d’arriver au bout du chemin, apaisée, détendue.

où ça ne battait plus…

1, 2, 3, valsez
Je ne demanderais plus rien
j’ai désormais tout.

Un bout de chemin,
juste tes bras,
un instant,
un sourire,
un regard,
l’éternité,
qu’importe…

parce que ce soir là, l’évidence m’a frappé, juste là, où ça ne battait plus…

Qu’importe le temps, j’ai croisé « ta ptite flamme ». Depuis elle éclaire mon chemin et ce qui t’ira à toi, m’ira inconditionnellement bien à moi.

L’éternité n’est jamais loin quand on danse…

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