Le miel et le citron

Je t’ai parlé de mon petit rayon de soleil, n’est-ce-pas… je t’ai dit combien, combien je pensais à lui. Mais ce que je ne t’ai pas dit, c’est combien mon petit rayon de soleil, combien lui fait attention à moi. Ou s’il ne le fait pas pour moi, combien moi j’aime ça quand même.

Évidemment, ce ne sont pas grand chose, des petites choses, toutes petites, des pensées, des petits gestes, des attitudes. Mais moi, je peux te dire, que ça me souffle un vent chaud. Jamais personne n’a eu autant d’attentions, de petites attentions à mon égard. Alors soit je ne voulais pas les voir, soit tout simplement il n’y en avait pas.

Et ça me laisse littéralement pétrifiée, parce que je dois te dire que pendant mes 15 dernières années, dont 10 de mariage, mon ancien monsieur ne m’a offert que 3 bouquets de fleurs, ne m’a souhaité mon anniversaire que 4 fois, ne m’a aidé à enfiler mon manteau qu’une seule fois et j’en passe. Aurais-je oublié ? Je ne crois pas. En tout cas, ce n’est pas important, parce que malgré mes alertes, mes demandes, rien n’est venu. Des reproches, quand je faisais de mon mieux, du dédain et de la moquerie pour ce qui était important pour moi. Ah ça !
Et cela m’a fait mal. Très mal. Je peux même dire aujourd’hui, que ça m’a brisé. 15 ans c’est long. Et même à tous petits coups, n’importe quelle armure se fendrait. Au début, on s’en fiche, on est forte, et puis zut, on envoie tout balader. Puis la vie vous passe dessus, et là, c’est du coton dont on aurait besoin, pour les bobos, pour cicatriser l’âme, et on se retrouve avec le gratte-gratte de l’éponge.

Quand j’attendais mon deuxième enfant, je lui ai demandé de me prendre en photo pour voir l’évolution. En 9 mois moins 5 jours de grossesse, il n’y a eu qu’une photo, une seule. Parce que j’ai pleuré, parce que j’ai crié que j’avais besoin d’un souvenir, pour l’aîné, pour eux, pour moi… Elle a été faite, mais je ne l’ai jamais vu…

Les bouquets de fleurs ? Exceptionnellement, quand sur le marché ce n’était pas trop cher. Depuis la rupture, j’ai un bouquet de fleurs par semaine. Sans aucune exception. Plus qu’en 15 ans de vie commune.
Des bijoux ? Ah ah ah ! des bijoux ! Les seuls bijoux que je n’ai reçu, sont ceux trouvés par terre dans la rue, parce que tu comprends, ça ne sert à rien ce genre de choses. C’est futile.

Sursaut de vitalité et tout un univers au rebut… Je veux vivre, JE veux vivre.

Alors oui, quand mon Petit rayon de Soleil, me tient le strapontin pour m’aider, avant de s’asseoir lui-même ; quand il déplace table et chaise, pour me permettre de s’asseoir avec eux, me voyant perdue ; quand il emmène des fruits demi secs, que j’aime, et qu’il dit innocemment qu’il a pris cette fois-ci des abricots… peux-tu imaginer, un tout petit peu, cette tempête!? Et j’en ai plein le cœur de ces petites choses.

Quand Mon petit soleil pose ses délicats rayons sur moi, je suis pétrifiée, et un peu perdue. Totalement gourde, j’apprends. J’apprends à recevoir cette bienveillance sans me braquer, ou sans penser qu’on se joue de cette pauvre fille. J’ai souvent même failli pleurer de ne pas comprendre pourquoi prends-t-on soin de moi ainsi, sans me connaître. J’apprends à dire que ça me fait plaisir, j’essaye de sentir à quel point ça me fait du bien.

Je me sens importante pour quelqu’un à un instant T. Ça vous fait rire hein… oui moi aussi un peu. Mais oui, j’ai l’impression d’être précieuse et que ma fragilité entre ses mains, est en sécurité. Mon petit rayon de soleil, c’est un gentleman. Qu’il le fasse pour moi, ou naturellement pour toutes… Il avait prévenu… « Que des petits bouts de chemin, de temps en temps, au gré des vents, portés par les mélodies de la vie ». Mais c’est une perle de bonhomme, et je garde dans ma boîte à trésors tous ses petits bonbons de la vie.

Je peux te dire que mon chemin est ensoleillé depuis qu’il m’a pris sous ses rayons. J’ai encore quelques longues distances à parcourir avant d’être totalement réparée, mais il me réchauffe, il me rapièce, il me rassure, et je me sens vivante. Mon armure est fêlée et de jolies fleurs poussent depuis. Les hurlements de mes entrailles sont en train de s’apaiser. Mon Petit rayon de Soleil n’est pas invasif, ne me demande rien, il pose juste des pierres sur mon chemin, pour que je pose, un pied puis l’autre, et lui me regarde passer en me réchauffant. Et moi, je lui souris, je ne sais encore faire que ça pour le moment.

D’un coup, je pense au Petit Prince…
Apprivoiser… ça signifie créer des liens.

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L’un part et l’autre reste, C. Gainsbourg

Après la pluie, La Tordue
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Le Prince Prince racontée par G. Philippe
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extrait du renard à lire
http://majmajest.com/blog/quest-ce-que-signifie-apprivoiser-ca-signifie-creer-de
s-liens/

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Et la tendresse, bordel !

1h41 sur un quai de métro parisien
Ptite Fun s’asseoit. Un couple la rejoint. Jeune homme en premier, Mademoiselle sur ses genoux. Ptêt un 23 ans à tout casser. Elle a de longs cheveux, et bien lissés. Lui, il est propret, et passe sa main sur son dos. Il se fait tard. Ptite Fun a encore la tête dans les nuages. Sourires, tendresse, joie, odeur. La fatigue commence à peser. Elle a aussi un peu froid. Elle est seule et va rejoindre son nid avec des hauts le coeur. Elle se dit, que c’est chouette qu’on prenne soin de l’autre si tard. Comme une couverture toute chaude et douce. Elle aimerait bien se lover, elle aussi, dans des bras, poser sa tête sur son épaule, et le sentir l’envelopper, placée sous l’aile de l’homme, comme pour lui dire : « je suis là, je veille sur toi ». Et elle aurait enfin confiance.

Quand la voix du jeune homme subitement brise sa rêverie. 1h44.
« Tu ne m’as pas appelé aujourd’hui ? »
La demoiselle un peu désarçonnée : « Bah heu non… mais tu sais, des fois je reste une semaine sans appeler mes copines… »
– Nan c’est trop, deux jours maximum
– Ok… mais tu sais je pense quand même à toi…
– Nan j’ai dit deux jours maximum, voir au moins une fois par jour, c’est tout.
silences lourds
Elle : « Tu as l’air si fatigué, ça ira ? »
Lui… ben lui rien.

Ptite Fun est replongée dans ses pensées, et attends péniblement sa deuxième station de correspondance. Elle repense à ses 15 dernières années. Elle se dit que quand même, au-delà du problème de communication, il y a le manque de volonté de prendre soin de l’autre. En dépit des apparences, parce que l’on peut toujours trouver un contre exemple, une anecdote, une exception. Mais quand même. Elle y pense. Et elle soupire.

Et elle se dit aussi que c’est le choix qu’elle fait pour le reste de ses jours. La bienveillance. Faire la paix avec elle aussi. Cesser les reproches. Anéantir le jugement froid et implacable sans porte de sortie. Ne pas faire de mal quand on peut faire autrement. Regarder le monde avec tendresse et amour. Accepter la et les différences. Supporter sans souffrir que l’autre puisse vivre sa vie. Etre un petit maillon dans cette grande chaîne.

Et si c’est un petit maillon heureux, souriant, et bienveillant. Elle sait que son petit monde à elle, sera plus beau, plus doux, plein d’amour et de tendresse. Et que finalement, c’est la seule chose qu’elle souhaite. L’amour de la vie, avant tout.

Ptite Fun est arrivée. Elle glisse la clé dans la serrure, et remonte vite sur son fil. De là-haut, le monde est plus calme. Elle s’étire. Elle sent sur son épaule, un tout petit poids qui vient de la toucher. Elle regarde, et découvre, une toute petite, petite étoile, juste minuscule, dorée. Ce soir c’est elle, qui a finalement, une étoile sur son épaule. Elle en prendra soin.

Elle sourit.