Il l’avait laissé là.

Il l’avait laissé là. Plantée devant ce petit café de village, près d’une table où était assis sur des coussins bigarrés, un couple. Lui, semblait bien les connaître ainsi que leur chien qui récolta une caresse au passage. « Je repasse te prendre tout à l’heure, prends du temps pour toi », lui avait-il lancé en s’éloignant. Ils la regardaient, intrigués, presque amusés mais pas moqueurs. Elle répondit par un sourire un peu niais, de circonstance. Le soleil de ce milieu de journée, de fin d’été était encore vif, et l’appelait de ses rayons à venir s’y frotter. Qu’avait-elle d’autre à faire en cet instant de toute façon. Elle était loin de ses enfants, loin de tous transports en commun, loin de son ancienne vie dont elle voulait se mettre à l’abri. Personne ne l’attendait et elle n’avait que ces longues minutes à dompter pour entrer dans cette nouvelle vie. Pourtant, pleinement consciente de l’urgence, elle y allait à reculons. Ses démons qui se lisaient, gris et sombres, sous ses yeux vert-de-gris, dans ses poches devraient s’éteindre ici.

Elle regarda ce petit chien, au pelage aussi court que ses pattes, d’une couleur orangée comme les feuilles mûres de l’automne. Elle présageait un pelage rugueux, pas de ces chiens que l’on caresse volontiers. Un scooter passa à cet instant, et l’animal se mit à japper et partit comme une flèche. La jeune femme lui aboya dessus : « Bill, reste ici ! Bill ! ». Elle pesta sur son monsieur qui lui tenait compagnie, lui reprochant son in-interventionnisme. Bill, au profil de petite saucisse large, tout en se dandinant vint reprendre sa place sous la table, sous le pied de sa maîtresse. En y regardant de plus près, peut-être par tic ou par toc, c’est lui qui se frottait. Elle, avait les jambes croisées et le dos du canin arrivait à la hauteur exacte du dessous de la chaussure. Il prenait un plaisir certain, à avancer et à reculer, bref à se frotter, se gratter peut-être sous la jolie semelle de l’escarpin. Elle le laissait faire. Sa laisse, quant à elle, avait abandonné son utilité, là, à même le sol. En partant, Lui, l’avait caressé ; Elle, ne le ferait sûrement pas.

Combien de minutes avait-elle passé à observer ce couple, Bill,ce petit chien au comportement étrange, elle ne savait plus bien, mais il lui fallait de toute façon maintenant pénétrer dans ce lieu inconnu, ne pouvant resté plantée là raisonnablement plus longtemps, inutile et gourde. Une épreuve. La première. Autrefois, elle en avait tant fréquenté des cafés, qu’à cet instant, elle ne se reconnaissait franchement pas d’être si intimidée. Acculée à sa future demi heure au milieu de ce croisement de rues, elle n’avait pas d’autre choix. Elle agrippa la poignée métallique de la porte en verre et respira profondément. Elle laissa passer une voiture, puis une deuxième peut-être. Serrant le livre qu’elle tenait de l’autre main, elle se lança…

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Bonjour tout le monde !

Voilà donc que j’ouvre un blog. Vous pourrez y retrouver tous mes textes anciens et ceux à venir. Si vous le souhaitez, vous pouvez même laisser des commentaires, ils seront lus avec un plaisir non dissimulé.

Au plaisir de nos lectures !

Message personnel

Il est parfois des mystères de la vie qui ne doivent pas s’expliquer. Juste prendre le temps de savourer, s’arrêter, regarder, humer, imaginer, gouter le silence, et se délecter de l’instant présent. Et puis vient le rêve, juste le rêve de ce que l’on désire. Enfin les mots. Ils étaient là, tapis, au fond de chacun de nous, dans ce nid doux, cette antre accueillante.

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Clope un… clope en… la mort rue

Et je la vois là, les lèvres humides, gonflées et soudées par l’absence de mots. Le silence en rouge à lèvre, carmin, rutilant.

Elle va me choisir, négligemment. Elle me porte à sa bouche et m’enfourne de quelques millimètres. L’instant où je sens cette flamme me lécher, me tordre, je ne résiste pas, elle m’allume, Salope !

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Colère au poing

Il m’a hurlé dessus, il a crié que non qu’on ne ferait pas comme ça, alors qu’il aurait pu le dire autrement, qu’il aurait pu attendre, non il a hurlé, alors j’ai hurlé sur lui aussi, je ne voulais pas qu’il m’aboie sur la gueule, il a hurlé en voulant m’imposer, en croyant que j’allais plier sous ses beuglements, or je ne peux pas, je ne supporte pas, je n’accepterais jamais de qui que ce soit de me maltraiter ainsi, cela me met dans une colère noire, la rage, envie de lui

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